La note de synthèse du 1er concours d’auditeurs de justice dure 5 heures et compte pour un coefficient 3. Elle ne pèse pas autant que la composition ou le cas pratique (coef 4), mais cinq heures de copie ratée se rattrapent mal. Le tableau complet des écrits et des oraux est sur épreuves du 1er concours ENM.
Les durées et coefficients viennent de la page Épreuves et programmes · ENM. Le détail du dossier est dans la notice d’information des candidats 2026. C’est le dernier texte publié. La notice de la session suivante la remplace dès qu’elle paraît.
Le cadre officiel
Sur le site de l’ENM, l’épreuve se fait à partir de documents qui se rapportent à des problèmes judiciaires, juridiques ou administratifs. La notice d’information des candidats 2026 précise le geste attendu : rédiger une note sur une problématique, à partir d’un dossier d’une trentaine à une quarantaine de pages. Ce dossier peut mélanger des pièces d’un dossier judiciaire ou administratif, des décisions, de la doctrine, des textes, des articles de presse, des statistiques, des extraits de rapports.
Tu n’apportes pas de connaissances extérieures pour « compléter » le dossier. Tu travailles avec ce qui est dans les documents.
Ce que le jury cherche
La même notice formule trois exigences, dans cet ordre :
- Synthétiser objectivement les éléments du dossier.
- Identifier la problématique.
- Choisir les informations utiles, et laisser le reste.
L’objet de l’épreuve, toujours selon la notice, est de vérifier l’aptitude à l’analyse, à la synthèse, et les qualités rédactionnelles. Une copie qui résume chaque document l’un après l’autre rate les trois. Une copie qui donne un avis personnel non tiré des pièces aussi.
Une façon de s’entraîner
Il n’existe pas de barème public « Magistratier ». Ce qui suit est un ordre de travail compatible avec ces trois exigences, à chronométrer sur de vrais dossiers.
- Lire la consigne avant les pièces. Si une question ou un angle est posé, tout le dossier se lit à travers lui. Sinon, la première lecture sert à nommer la problématique toi-même, en une phrase.
- Cartographier, sans rédiger. Pour chaque document : nature, date, ce qu’il apporte, ce qu’il contredit. Vingt à trente minutes bien utilisées ici évitent de réécrire le dossier dans la copie.
- Choisir. Garde ce qui éclaire la problématique. Une statistique isolée ou un article hors sujet n’a pas à apparaître « parce qu’il était dans le dossier ».
- Poser un plan avant d’écrire. Deux ou trois parties qui répondent à la problématique, pas un plan calqué sur l’ordre des documents. Annonce-le, puis tiens-le.
- Rédiger au présent de la note, sans « je ». Chaque affirmation importante renvoie à une pièce. La dernière demi-heure sert à la relecture : phrases trop longues, répétitions, oubli de la problématique.
Le bon test d’une copie : quelqu’un qui n’a pas lu le dossier comprend le problème, les tensions, et ce que les documents permettent de dire, rien de plus.
Les erreurs qui coûtent
- Résumer document par document, dans l’ordre du dossier.
- Plaquer une opinion (« il faudrait que le législateur… ») que rien dans les pièces ne soutient.
- Recopier de longs extraits au lieu de les condenser.
- Oublier de nommer la problématique, ou en changer au milieu de la copie.
- Finir hors délai parce que la cartographie a mangé deux heures.
Le coefficient 3 ne pardonne pas une copie inachevée. L’entraînement sert d’abord à tenir les 5 heures, pas à trouver la formule parfaite le jour J.
Où la placer dans l’année
Le geste (lire vite, choisir, tenir un plan) ne s’acquiert pas en mai. Un dossier chronométré toutes les deux semaines, puis chaque semaine quand les écrits approchent, suffit si tu corriges vraiment : problématique visible, choix assumés, pas de paraphrase. Le cadre de l’année est dans organiser ses révisions ENM.
Cette épreuve se prépare à part du civil et du pénal. Elle ne remplace pas la composition, et la composition ne t’entraîne pas à synthétiser un dossier.